Association dédiée à l’entraide du monde Agricole

Aider le monde agricole

Aider le monde agricole

La confrérie Saint-Fiacre de Rouen est précurseur en France dans l’aide apportée aux agriculteurs et horticulteurs en très grande détresse financière et morale. 15 000 € d’aides ont été versées en 2019 à différentes familles d’agriculteurs. 

Pourquoi les exploitants ont-ils besoin d’être aidés ?

Le film d’Édouard Bergeon, Au nom de la Terre, incarné par Guillaume Canet a rassemblé plus de 2 millions de spectateurs. Ce film raconte l’histoire d’un agriculteur qui reprend l’exploitation familiale d’abord par passion mais doit faire face au fur et à mesure des années à de multiples difficultés. Avec un suicide d’agriculteur par jour selon les derniers chiffres de la MSA en 2015, chacun est touché de près ou de loin dans son fort intérieur. La surmortalité par suicide dans l’agriculture est de l’ordre de 20 %. C’est alarmant. Ceci démontre bien toute la détresse et le mal-être vécu par toute la profession et ressentie dans ce film. 

Solitude, difficultés familiales et financières, surendettement, agribashing, isolement, conditions de vie et de travail difficiles, contraintes administratives, défiance des consommateurs, harcèlement… sont de nature à décourager les plus fragiles. 

Aussi, les difficultés économiques des agriculteurs de ces dernières années, notamment financières, liées à un fort endettement, constituent un facteur de souffrance physique et psychique qui peuvent se traduire par des dépressions, des symptômes d’épuisement professionnel qualifiés de burn-out, ou dans les cas les plus désespérés à des tentatives de suicide. Cela tend très souvent aussi à rejaillir sur les relations sociales que les agriculteurs ont avec leur entourage familial et avec les autres, à provoquer des conflits et engendrer un isolement, voire une exclusion.

Certains agriculteurs ne sont plus dans un état de bien-être dans lequel ils peuvent personnellement s’épanouir, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer sereinement à la vie de leur famille. Cette fragilisation s’explique par le fait qu’ils doivent faire face à différentes formes de pressions familiales et financières ainsi qu’aux contraintes administratives, judiciaires ou encore un accident de travail, un divorce, un décès, une maladie, un problème environnemental ou bien sanitaire sur l’exploitation…

Pour être agriculteur, il faut avoir la passion dans le sang et le savoir-faire se transmet de père en fils depuis 3-4 générations. Mais tout peut s’arrêter du jour au lendemain

De faibles revenus. Le RSA comme seule ressource pour vivre…

Les conditions de vie et de travail difficiles avec une surcharge de travail amplifiée par de fortes amplitudes horaires peuvent générer fatigue et maladies. Plus de 70 heures par semaine ! Certains agriculteurs travaillent toute une journée pour perdre de l’argent. Cela fait des décennies maintenant que le monde agricole est en difficulté. Entre le modèle « industriel » qui leur est proposé, parfois presque imposé, par les acteurs de l’agro-chimie et de la finance, et les exigences des consommateurs, qui tiennent à un modèle plus proche de l’éco-responsabilité, l’exploitant est écartelé…
Quant à la grande distribution, malgré les lois récentes, elle tente toujours d’écraser les prix de vente. Résultat : il est parfois difficile de faire vivre correctement une famille, en particulier pour les petits exploitants.

Les marchés se libéralisent : fin des quotas laitiers en 2015, fin des quotas qui encadraient le marché du sucre européen en 2017. Le résultat : surproduction et chute des cours.

Les agriculteurs sacrifient tout pour s’en sortir : loisirs, famille, santé… ils investissent et s’agrandissent… Nombreux sont ceux qui n’ont que le RSA pour vivre, subvenir aux besoins des enfants. C’est l’engrenage et les difficultés s’enchainent. Trop d’agriculteurs se donnent la mort, ne voyant pas d’autre issue à leur calvaire moral et financier. Et pourtant, le grand public est parfaitement conscient de l’utilité sociale des cultivateurs. Changer les pratiques en faveur de produits plus qualitatifs, utiliser moins de pesticides, trouver de nouvelles filières …., c’est un idéal partagé par toute la communauté agricole.

Alors ? Alors, c’est le moment d’aider nos agriculteurs et de retrouver la grande tradition fraternelle de la Confrérie Saint-Fiacre de Rouen. Ensemble, on sera plus fort !!

Aider financièrement ceux qui sombrent. Tout de suite.

Les producteurs sont sous le flot de critiques quotidiennes liées à un manque d’informations des consommateurs sur leurs pratiques agricoles, ce qui est source d’une immense détresse. Ils ont le sentiment de faire ce qu’il faut en termes de bien-être animal ou d’environnement. Beaucoup d’efforts ont été accomplis en peu de temps. Les pratiques agricoles évoluent afin de prendre en compte la biodiversité, la nécessaire protection des ressources… Les producteurs font tous des métiers bien plus techniques et compliqués qu’il n’y paraît. A l’aide des réseaux sociaux, avec des mots simples, ils expliquent dorénavant leur travail pour combattre les préjugés, racontent leur métier avec sincérité et authenticité en étant le plus compréhensible possible. L’objectif est de rassurer les consommateurs, créer du lien et rompre l’isolement. Avec les voisins et les néoruraux, les relations peuvent être tendues. Il faut inlassablement convaincre et expliquer.

Les producteurs souffrent d’un véritable manque de reconnaissance alors que l’alimentation revêt une importance stratégique dans nos sociétés. Ce dénigrement est source de désillusions terribles. 

Alors, on peut gloser sur les difficultés du monde agricole, discuter de qui est coupable, pourquoi. Mais l’enjeu, c’est de faire face, d’agir et d’avancer. L’avenir nous appartient. Toute la société a besoin de nos agriculteurs. Il faut commencer par refuser la fatalité et leur tendre la main.

A court terme, l’important est d’aider très concrètement ceux qui ne peuvent plus rembourser leurs prochaines échéances, ceux qui doutent de pouvoir s’en sortir… Un geste dans l‘urgence peut sauver bien des situations désespérées. Quand on dit un geste, c’est un don !

C’est pour cela que nous vous demandons votre aide : donner à la Confrérie Saint-Fiacre de Rouen, c’est être assuré que votre argent ira directement à une famille qui en a besoin, tout de suite.

Se relever les manches et aider les familles. Vraiment maintenant

Depuis 2017, sous l’impulsion de son nouveau président, Vincent Lecointre, la Confrérie a redynamisé ses objectifs et ses actions tout en gardant ses valeurs et ses « fondamentaux » historiques valorisant ainsi une profession agricole bien souvent malmenée.

L’action locale de la Confrérie s’inscrit dans un faisceau d’initiatives solidaires et innovantes afin d’accompagner les nouvelles pauvretés en monde rural sur le plan national, souhaité notamment par la Société de Saint-Vincent de Paul.

Actuellement, l’action solidaire repose sur un regroupement de trois entités associatives Confrérie Saint-Fiacre de Rouen, Société de Saint-Vincent de Paul 76 et Amicale des Décorés du Mérite Agricole de Seine-Maritime. Cette action rencontre un vif succès, malheureusement, par le caractère, semble-t-il, « inédit » sur le territoire national d’accompagner préférentiellement des exploitants agricoles en difficulté. 

La Société de Saint-Vincent de Paul est une organisation mondiale de bienfaisance catholique et laïque dirigée par des bénévoles et créée à PARIS en 1833 par un groupe de jeunes gens souhaitant aider des pauvres afin de soulager leurs souffrances et de promouvoir leur dignité et leur intégrité humaines. 

L’Amicale des Décorés du Mérite Agricole de Seine- Maritime regroupe les médaillés du Mérite agricole. Institué par le décret du 15 juin 1959, cet ordre récompense les personnes ayant rendu des services marquants à l’agriculture, soit dans l’exercice de la pratique agricole ou des industries qui s’y rattachent, soit dans les fonctions publiques ou par des travaux scientifiques ou des publications agricoles.

Une charité humaine et financière se met progressivement en route et, déjà, les résultats constatés sur le terrain sont encourageants et ouvrent de belles perspectives.

Avec l’appui de deux associations reconnues sur le territoire départemental et national qui accompagnent les exploitants agricoles en difficulté – Solidarité Paysans et l’ATEX 76 (Appui Technique et Economique aux Exploitations), la Confrérie et la Société de Saint-Vincent de Paul ont déjà apporté une aide morale et financière à 5 familles empreintes au désarroi et à la solitude pour un montant total de 15 000€. L’impact de votre don est concret et réel.

Grâce à vos dons, 5 familles sorties de la détresse

Benoit, 53 ans, divorcé, 3 enfants 18, 23 et 26 ans, gère une ferme de polyculture-élevage laitier conventionnel. Surendetté auprès de ses fournisseurs, trois vaches laitières lui sont offertes pour un montant global de 4 000 euros afin de le soutenir et de réaliser son projet vers une conversion de son exploitation en agriculture biologique.

Isabelle, 50 ans, a repris l’exploitation suite au décès de son père en 2003, un fils de 13 ans. Seul le salaire de son mari fait vivre la famille suite à une mortalité du bétail. Actuellement en redressement judiciaire, l’obligation légale d’assurer son outil de travail est pressante…la somme de 2 050 euros a été offerte pour régler les quittances d’assurance.

Jacques, marié, père de trois enfants de 17 à 22 ans, éleveur de vaches laitières, relance son activité suite à des arrangements financiers avec ses fournisseurs. Avec leurs modestes salaires, les deux filles subviennent aux besoins de leurs parents et de leur frère. Menacés d’expulsion en début d’année, 4 300 euros ont contribué à régler la créance des fermages.

Hubert et Claudine, 54 et 44 ans, et leur fille unique vivent sur une exploitation de 68 hectares. Suite au décès de la mère de Claudine et la maladie préoccupante de son mari, aggravés par un contexte environnemental défavorable et s’entendre dire « C’est une ferme qui va couler !!! », le découragement s’installe. Grâce à une solidarité inattendue, la famille retrouve de l’énergie pour s’en sortir. En guise d’encouragement, 2 500 euros ont été offerts pour régler les honoraires du comptable pour clôturer la comptabilité annuelle de l’exploitation.

Alain, 50 ans, maraîcher, exploite cinq hectares avec son fils apprenti  et vend les légumes de sa production sur les marchés. En 2016, très affecté psychologiquement par son divorce, il perd pied dans la gestion de son exploitation tenue auparavant par son ex-épouse. Surendetté auprès de ses fournisseurs, en pleine saison de production, l’embrayage du seul tracteur d’Alain s’est cassé… 2 070 euros ont été offerts pour régler cette facture.

C’est tout un métier qui se questionne, avec l’ensemble de ses pratiques. Et il faut réussir à rendre ce métier rentable pour nourrir les familles qui en dépendent. Pour aider les agriculteurs, d’autres agriculteurs et professionnels de ce métier donnent de leur temps et de leurs compétences. Le but : changer aujourd’hui pour rendre demain à toute cette profession sa prospérité.

La confrérie Saint-Fiacre de Rouen a besoin de vous pour poursuivre cette mission. Faites un don.

Vincent LECOINTRE, Président de la Confrérie Saint Fiacre de ROUEN

06 85 47 63 59 – vlecointre@confreriesaintfiacre.org

Comprendre les crises agricoles 

La crise laitière de 2015

Les producteurs laitiers ont connu une dégringolade des cours qui n’en finissait pas. Pendant de longs mois, les prix du lait n’ont cessé de reculer, plongeant ainsi les producteurs laitiers français – comme européens – dans une situation de crise profonde. « A chaque traite, nous savions que notre marge était négative. C’est décourageant. Il nous a fallu se serrer les coudes pour ne pas tout arrêter. Installé sur 120 ha, les cultures compensaient tout juste les pertes liées à l’élevage laitier. Les revenus cette année-là étaient de 0 € », note Jacques, un agriculteur installé en GAEC avec son frère en Seine-Maritime.

Quelques explications s’imposent. En avril 2015, le système de régulation appelé « quotas laitiers » en vigueur depuis 1984 a pris fin dans toute l’Union Européenne. Avec ce système, un volume de production maximale était fixé pour chaque pays. Les quotas levés, les contraintes de production n’existaient plus : les volumes grimpent fortement dans certains pays. Les producteurs français avaient même anticipé, dès 2014, la fin à venir des quotas pour produire plus. De très gros acteurs comme le Danemark, les Pays-Bas, l’Irlande, s’étaient même lancés dans une course à la taille pour prendre des parts de marché, quitte à pratiquer des prix très bas. L’offre étant surabondante, les prix du lait ont régressé – sur un marché qui était déjà suralimenté – allant même jusqu’à -50% pour le cours de la poudre de lait sur le marché mondial. En parallèle, la consommation, elle, a eu tendance à diminuer accentuant ainsi la déprime des prix (alors même que la production de lait atteignait des sommets). Mais c’était surtout de l’autre côté de la planète que l’un des plus gros acheteurs de produits laitiers du monde a fait tangué la consommation mondiale. La Chine a mis un coup de frein à ses importations en 2015, provoquant une onde de choc chez tous les éleveurs de la planète.

La crise sucrière de 2017

Autre exemple côté libéralisation des marchés. Le système de quotas qui encadrait le secteur sucrier européen a pris fin au 1er octobre 2017. Cela signifie qu’il est possible de produire et d’exporter sans contraintes de volume. Un prix minimum n’est plus garanti aux agriculteurs. Avec cette libéralisation des quotas sucriers, L’Europe est en mesure de pouvoir partir à la conquête du marché mondial du sucre. Mais, dans ce nouveau contexte engendrant une surproduction, les cours mondiaux du sucre se sont effondrés. L’avenir de la filière betteravière française est en danger et avec elle les producteurs. Ceci est source de désarroi et nécessite pour certains producteurs de réorienter leurs productions sans en avoir les moyens financiers.